Les troubles neurocognitifs peuvent causer une variété de symptômes perturbateurs, y compris des crises de colère et des explosions émotionnelles. Les proches aidants qui soutiennent une personne atteinte de trouble cognitif peuvent parfois se sentir dépassés par ces comportements imprévisibles et difficiles à gérer. Si vous vous occupez d’un être cher atteint d’un trouble cognitif et que vous avez du mal à gérer ses explosions de colère, soyez rassuré, il existe des stratégies qui vous aideront à mieux gérer cette situation délicate avec succès !
1. Être attentif aux signaux
La colère est une émotion qui peut vite dégénérer et se transformer en agressivité si elle n’est pas gérée à temps. Apprenez à repérer les signes avant-coureurs de la colère tels que la contraction musculaire, la dureté du visage, un tremblement des lèvres, un changement dans la respiration, les poings fermés ou le regard fixé. Ces indicateurs montrent l’intensité de la colère et la réponse physique que cela entraine chez votre proche. En reconnaissant ces signaux, vous pourrez ainsi utiliser les techniques suivantes afin d’éviter les crises.
2. Comprendre ce qui provoque le comportement
Les comportements colériques chez les personnes atteintes de troubles cognitifs peuvent avoir plusieurs causes telles que la fatigue, les effets secondaires de médicaments, un changement de routine, la douleur ou la faim. Parfois, l’agressivité devient un moyen d’expression de leur mécontentement envers quelque chose de mal compris. De plus, leur perte de mémoire peut les amener à oublier des informations importantes ou des événements récents, ce qui peut également les rendre anxieux et en colère. Enfin, il est important de comprendre que leur état de santé peut les amener à ressentir des émotions plus fortes et à réagir de manière disproportionnée à des situations qui ne le nécessitent pas. Afin d’éviter des explosions de colère, il est important de prendre note des choses qui peuvent les déclencher et de trouver des moyens de les calmer avant qu’ils ne deviennent trop contrariés.
3. Pratiquer l’empathie
Il est important de comprendre que cette maladie affecte la capacité de la personne à contrôler ses émotions, ce qui peut occasionnellement conduire à des comportements agressifs ou hostiles. En étant empathique envers la personne, en écoutant activement ses préoccupations et en lui montrant que vous comprenez sa situation, vous pouvez l’aider à se calmer. En prenant le temps de comprendre les sentiments de votre être cher et en offrant un soutien émotionnel, vous pouvez jouer un rôle important dans l’aide à la gestion de ses comportements difficiles. Une approche empathique peut aider à prévenir les comportements agressifs et à renforcer la relation de confiance entre vous et votre proche.
4. Rester calme
Lorsque les explosions de colère surviennent, il est important de rester calme et centré. Évitez de répondre avec frustration ou colère, car cela ne ferait qu’aggraver la situation. À la place, essayez d’être compréhensif et patient, même si cela peut être difficile. Et si l’agressivité est dirigée vers vous, comprenez que ce n’est pas personnel et que la personne que vous aimez à de la difficulté pour l’instant à gérer ce qui se passe en elle. Prenez des respirations profondes et imaginez une situation qui vous apaise. Une fois que vous avez retrouvé votre calme, vous pourrez mieux aider votre proche. En reconnaissant ces émotions et en discutant calmement avec la personne, vous pourrez aider à désamorcer la situation et apaiser la colère.
5. Éviter le besoin d’avoir raison
Lorsqu’on est en désaccord avec une personne atteinte d’un trouble cognitif, il est important de ne pas chercher à avoir raison. En effet, bien que cela puisse sembler facile à faire, cela peut être très difficile en pratique. Pour y parvenir, vous pouvez commencer par ne pas argumenter avec eux et plutôt, adopter une attitude centrée sur les émotions, en leur montrant que vous les comprenez et que vous êtes là pour les aider. Il est également important de ne pas les corriger ni de leur rappeler les erreurs qu’ils ont commises. En agissant ainsi, vous créerez un environnement de confiance et de respect qui les encouragera à se calmer. En fin de compte, vous pourrez éviter de les mettre mal à l’aise et de les stresser davantage, ce qui peut être très bénéfique pour votre bien-être à vous deux.
6. Pratiquer une communication claire et concise
Les personnes atteintes de troubles cognitifs ont souvent besoin d’une communication claire, directe et simple pour comprendre les choses. Répéter calmement et précisément ce que l’on veut communiquer peut aider à éviter les situations de colère. Évitez d’utiliser un langage figuré et expliquez clairement ce que vous désirez dire.
7. Éviter l’hyperstimulation
Les personnes atteintes de troubles cognitifs ont généralement des difficultés à traiter et à comprendre les informations sensorielles, et une stimulation excessive peut être accablante pour elles. Les environnements bruyants et bondé de monde, les discussions trop rapides, les tâches compliquées ou le contact physique excessif peuvent tous conduire à une surstimulation et causer de la frustration et de la colère chez la personne atteinte de démence. Pour minimiser l’hyperstimulation, il est important de créer un environnement calme et rassurant. Cela peut inclure la réduction du bruit de fond, la limitation des interactions sociales et de la stimulation visuelle, ainsi que la mise en place de routines prévisibles. Il est également essentiel d’être à l’écoute de la personne et de surveiller ses signaux de surstimulation afin de pouvoir prendre des mesures pour réduire la stimulation si nécessaire.
8. Utilisez des stratégies de distraction
La distraction peut souvent être une stratégie efficace pour aider à prévenir les comportements de colère. Si votre proche montre des signes de frustration ou d’anxiété, essayez de détourner son attention de la situation préoccupante en lui offrant quelque chose pour le distraire, comme écouter de la musique, regarder une vidéo sur YouTube, cuisiner ensemble, faire une promenade ou simplement discuter de sujets agréables. Lorsque vous dirigez l’attention de votre proche vers des activités qu’il apprécie, vous aiderez à réduire la tension émotionnelle.
9. Encouragez la personne à se reposer
Il est fréquent que les gens atteints de troubles cognitifs puissent être plus susceptibles à la colère lorsqu’ils sont fatigués, stressés ou affamés. Incitez la personne à se reposer et à prendre un temps pour elle-même. Les aidants peuvent aider à créer un environnement calme et paisible qui permettra au proche de se reposer.
10. Quand rien ne fonctionne, le recul est la solution
Quand vous avez essayé toutes les stratégies pour désamorcer la colère chez votre proche et que rien ne fonctionne, une pause s’impose. Si c’est devenu trop à gérer pour vous ou si votre proche est incapable de gérer sa colère malgré vos interventions, il est parfois préférable pour les deux de prendre un petit recul. Laissez-leur l’espace nécessaire pour se calmer et laissez-vous le temps de récupérer de toute la lourdeur des émotions. Une fois reposé, vous serez plus en forme pour leur donner le meilleur de vous-même. De plus, il y a une bonne chance que la colère soit dissipée et oubliée.
11. Prenez soin de vous
Enfin, n’oubliez pas de prendre soin de vous. Gérer les explosions de colère de quelqu’un atteint d’un trouble cognitif peut être épuisant et émotionnellement éprouvant. Essayez de prendre des pauses régulières pour recharger vos batteries et obtenir le soutien dont vous avez besoin. Rejoindre un groupe de soutien pour les proches aidants peut être très bénéfique, car vous pouvez partager vos expériences avec d’autres personnes qui vivent les mêmes défis.
Gérer les explosions de colère chez une personne atteinte de troubles cognitifs peut être difficile, mais ce n’est pas impossible. En comprenant les causes sous-jacentes des comportements de colère, en minimisant les stimuli externes et en offrant des distractions, vous pouvez aider à réduire leur fréquence. Il est également important de rester calme et centré dans les moments de crise. N’oubliez pas de prendre soin de vous en tant que proche aidant et de chercher du soutien auprès d’autres personnes qui partagent les mêmes défis. Avec ces stratégies en place, vous pourrez aider votre proche à surmonter ses comportements de colère et à vivre une vie plus calme et plus heureuse.
